Le 27 mars 2018 à  19h30 à la Salle Mezzanine de SAMATAN (32)

Thème : la Parole

Intervention de Robert d’Artois
Sous thème: Le silence - Intervention d'Isabelle Prunier


Robert d’Artois
commence par une citation d’Albert Camus : « mal nommer les choses ajoute au malheur du monde » 

Il rappelle qu’Aristote distingue la phoné, le logos et le muthos et cite : « seuls parmi les animaux, l’homme a le logos, certes la phoné est le signe du douloureux et de l’agréable, aussi la retrouve t’on
chez les animaux » Politiques livre I.
Et de préciser que l'homme est un animal politique. C'est la raison pour laquelle il a reçu de la nature l'usage de la parole.....
Isabelle Prunier
Quand il est grand, l’adage populaire le qualifie d’or. 
Petit, il est discret, insignifiant mais si important. 
En s’imposant entre chaque mot, il rend la parole plus explicite. 
En ponctuant chaque fin de phrase, il renforce sa tonalité et colore son expression 

Lui, c’est le silence.
Le silence est indissociable de la parole....

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Le 27 mars 2018 à  19h30 à la Salle Mezzanine de SAMATAN (32)

Thème : la Parole

Intervention de Robert d’Artois
Sous thème: Le silence - Intervention d'Isabelle Prunier


Robert d’Artois
commence par une citation d’Albert Camus : « mal nommer les choses ajoute au malheur du monde » 

Il rappelle qu’Aristote distingue la phoné, le logos et le muthos et cite : « seuls parmi les animaux, l’homme a le logos, certes la phoné est le signe du douloureux et de l’agréable, aussi la retrouve t’on
chez les animaux » Politiques livre I.
Et de préciser que l'homme est un animal politique. C'est la raison pour laquelle il a reçu de la nature l'usage de la parole.....
Isabelle Prunier
Quand il est grand, l’adage populaire le qualifie d’or. 
Petit, il est discret, insignifiant mais si important. 
En s’imposant entre chaque mot, il rend la parole plus explicite. 
En ponctuant chaque fin de phrase, il renforce sa tonalité et colore son expression 

Lui, c’est le silence.
Le silence est indissociable de la parole....

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Le 03 mai 2018 à 19h30 au centre Vacanciel, Hotel du Lac à  SAMATAN (32)

Thème : Liberté & Responsabilité

Intervention sur la liberté :  Marie Claire Anne-Vallaud (Magistrat) sur les travaux de Cécile Bonicel (Coach).
Intervention sur la responsabilité : Antoine Piault (Enseignant)

 
Cécile Bonicel
"
Liberté ?Déterminisme ou libre arbitre? La liberté est-elle liée à la responsabilité? Si la liberté est limitée par des lois, des règles qui garantissent la société civile, toutefois on peut être enchaîné tout en étant libre car la liberté n’est pas uniquement extérieure, elle émane de l’intérieur, être ressentie. 

Qu’est-ce que la liberté quand un être vit sur une ile déserte ?

Quelles sont les limites de la Liberté et si on est l’origine de ses axes d’actions?

Quel est le rôle de l’éducation dans la liberté?...."
Antoine Piault
"La responsabilité est un enferment, un engagement et un devoir. L’irresponsable est libre de tout engagement mais s’isole de la société et peutsubir le choix des autres. 

-       Pour l’Ami, être responsable c’est pouvoir œuvrer pour le collectif par l’épanouissement  personnel, cela demande de la conscience, du courage, de la volonté et de l’ambition.  

-       Il conclut qu’être responsable serait principalement une construction par l’éducation et donc une élévation...."

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 Café-Philo du 04 12 2019

Texte de Mr JJ Martinez 

 

Si l’Émancipation de l’Homme est associée à la Connaissance, comment contourner l'arborescence du Savoir pour acquérir la Connaissance ?

Tout d’abord le cadre de mon intervention : chaque fois que j’ai la possibilité d’écrire pour des réunions comme aujourd’hui, j’essaie de profiter pour creuser et ordonner quelques idées. Ma démarche dans un contexte comme celui-ci, m’oblige à écrire d’une façon plus ou moins ordonnée ce que je ressens.

Je m’attèle donc à chercher, à classer à écrire avec mes moyens et mes méthodologies, pour déchiffrer des éventuels notions trouvées ou ressenties par ci par là.

Aujourd’hui ce n’est pas l’exception, cette question de comment contourner l’arborescence du savoir (avec un petit s) pour attendre la Connaissance (avec un grand C) je me la pose depuis 2-3 ans. Je suis persuadé qu’il y a une petite (ou peut être une grande) clé à trouver là-dedans.

Quand Serge m’a demandé de participer à vos ateliers, je lui ai proposé cette thématique, pour m’obliger d’une certaine façon à faire un point et ordonner mes idées. Aujourd’hui je voudrais partager avec vous mes dernières élucubrations.

C’est peut-être ma formation ou formatage scientifique qui me fait penser qu’une des clés de l’Émancipation de l’Homme est l’intégration des savoirs. Intégration dans le sens d’additionner les savoirs des uns et des autres… et ainsi avoir accès, au moins, au moins, au savoir de l’Humanité.

Tout d’abord qu’est-ce que j’appelle arborescence du savoir ?

Jusqu’à aujourd’hui, l’accès au savoir se fait d’une façon spécialisée, atomisée. Nous devenons des spécialistes de quelque chose et inexorablement nous devenons des grands ignorants de tout le reste … C’est une arborescence dont nous ne maitrisons qu’un peu d’une ou plusieurs branches parmi un nombre peut être infini des branches …

Le spécialiste du cœur ne connait rien ou très peu aux poumons, le spécialiste de voitures ne connait rien ou très peu aux plantes, etc. Les formations universitaires, entre autres, nous ultra-spécialisent sur des domaines de plus en plus étroits. Au niveau de la recherche scientifique ou technologique, plus on avance, plus on devient spécialiste de quelque chose mais plus notre domaine de savoir rétrécit… C’est ce que j’appelle : l’atomisation de la connaissance.

Cette arborescence, atomise et nous rend inaccessible la Connaissance.

Le savoir de l’Humanité n’est accessible à personne, nous avons accès chacun de nous, seulement à notre toute petite parcelle de savoir. Et pourtant le savoir de l’Humanité se développe tous les jours autour de nous et augmente d’une façon exponentielle voire plus vite. Il se développe dans tous les sens, dans tous les domaines, une sorte de propagation fractale divergente plus on trouve, plus il y a des choses à chercher.

Tous les domaines sont en train de créer et/ou de développer des savoirs, nous sommes des milliards, des hommes et des femmes à y participer avec nos minuscules parcelles de savoir… Chaque jour le savoir de l’Humanité augmente mais nous, nous maitrisons chaque jour proportionnellement moins de choses de cette grande arborescence …

Je vais avec quelques exemples montrer un petit aperçu du niveau actuel du savoir de l’Humanité, de notre savoir, le savoir que nous, homo sapiens, avons construit, que nous avons créé et/ou développé, mais, qui, hélas nous est inaccessible, incommunicable, immesurable …
 
Premier exemple : la calculatrice
Deuxième exemple : le téléphone portable
Troisième exemple : la communication à la vitesse de la lumière est trop lente !!
 
Conclusion : plus nous cherchons, plus le savoir s’élargit, et redevienne inaccessible… Notre méthodologie d’accès au savoir n’est peut-être pas la bonne
 
Nous sommes « utilisés » par cette « Humanité » pour contribuer, nous ne pouvons pas y échapper, nous participons nécessairement, même malgré nous, à cette création et/ou découverte des savoirs … 
 
Je suis persuadé que de la même façon que nous participons, que nous contribuons à ce savoir, nous cherchons (peut être aussi malgré nous), nous cherchons la meilleure méthodologie pour intégrer et arrêter la dispersion de tous ces savoirs. 
 
Pourquoi le développement du savoir de l’Humanité implique ou nécessite que chaque homme et que chaque femme deviennent des spécialistes très pointus sur des fenêtres de plus en plus étroites du Savoir et quasi totalement ignorants sur toutes ou la plupart des autres fenêtres …
 
L’Humanité, propriétaire de tous ces savoirs, aurait-elle une conscience ? Nous utilise-t-elle pour s’auto-connaitre ? Qui pilote l’ensemble, la Nature a-t-elle une conscience ? Si oui quel est notre rôle ? Comment faire, nous Homo Sapiens, pour accéder à l’ensemble des savoirs, à l’ensemble des connaissances ? Ou sommes-nous condamnés à l’accès seulement des petits savoirs, des petites parcelles des savoirs ?…
 
L’homme en tant qu’Humanité a entamé depuis son apparition un processus pour connaître l’univers qui l’entoure y compris sa structure d’être humain. Les frontières de cet univers se sont systématiquement élargies et continuent à s’élargir jour après jour ; homme après homme, vers l’infiniment grand et l’infiniment petit. Cet univers insaisissable et tous les savoirs qu’il engendre divergent dans toutes les directions du temps et de l’espace. En tout cas, ces savoirs divergent pour nous Homo Sapiens, est ce que cette dispersion des savoirs convergerait quelque part et si oui, pourquoi faire ou pour qui ?
 
Nous de notre côté, nous faisons pareil, nous nous comportons comme l’Humanité avec nous, comme la Conscience Universelle avec nous mais à notre échelle. Si nous avons besoin d’avancer plus vite dans le champ étroit de nos savoirs et de nos savoir-faire, nous utilisons de machines (ordinateurs, calculateurs, outils technologiques, microscopes, etc.) que nous avons nous même conçus, créés et développés pour nous faciliter l’accès et nous permettre d’arriver plus vite.
 
J’ai l’impression que l’Humanité ou quelque chose d’autre nous traite comme des machines. Nous nous comportons comme des ordinateurs très performants sur des choses précises mais complètement ignorants sur d’autres. Nous, Homo Sapiens, nous comportons de la même façon avec nos ordinateurs, avec nos machines … Si j’utilise plusieurs ordinateurs, non reliés entre eux, j’ai accès à leur contenu, à leur savoir mais l’un d’eux ignore complètement les contenus des autres et vice-versa. 
 
On peut avoir l’impression que quelqu’un ou quelque chose nous traite, ou plutôt nous utilise, comme nous traitons ou utilisons nos machines. Qui détient les clés de l’ensemble, pourquoi procédons-nous comme cela ?
 
Il y a quelque mois un discutant avec un ami, j’ai eu un petit déclic, un peu farfelu je l’avoue, mais dont je trouve une certaine logique, je vous le livre...
 
En discutant avec mon ami, on disait que tout a une cause et une ou des conséquences et que derrière chaque cause ou acte il y a toujours des objectifs bien définis. Prenons par exemple notre point de départ, même si nous sommes dans l’impossibilité d’en définir un. Si nous évitons la notion de l’existence de Dieu, nous pouvons supposer que nous partons d’un point dans l’espace et dans le temps, que nous partons d’un éventuel Big Bang, par exemple.
 
Le Big Bang c’est une hyper concentration de matière, la matière de notre univers rassemblée en un point, puis explosion et dégagement de beaucoup d’énergie et la formation de notre Univers commence, avec comme on le disait toute à l’heure peut être ou certainement avec des objectifs bien définis … 
 
Après cette explosion et malgré sa puissance, des morceaux de matière réussissent à s’agglomérer pour former tout d’abord des atomes ! … La formation de ces minuscules particules ont eu besoin d’un certain nombre de concours des circonstances bien définies (voulues ou pas) et après beaucoup d’autres concours de circonstances nous assistons à la reconstruction de cette matière initiale mais sous la forme des systèmes solaires, des galaxies, etc.
 
J’ai fait des raccourcis rapides, très rapides, pour ne pas perdre le fil, puis à nouveau concours de circonstances bien définies (voulues ou pas voulues, calculées ou pas calculées je n’en sais rien) la vie commence à apparaître, les premières cellules… Il y a toujours des causes, des conséquences, y aurait-il aussi des objectifs calculés, attendus, planifiés ? On peut se le demander, car les concours de circonstances qui ont été nécessaires sont si nombreux qu’improbables…
 
Il y a beaucoup des concours des circonstances pour arriver jusqu’à nous, beaucoup trop pour croire qu’il s’agit seulement d’un ou des concours des circonstances … 
 
Après la vie animal et végétal encore une fois concours de circonstances et la vie humaine commence puis l’Homo Sapiens se développe.
 
Puis, encore peut-être des concours de circonstances mais … quelle est la suite, quel est le rôle de l’Homme Sapiens, dans cette série des concours de circonstances ? Les atomes, les cellules, les bactéries, tout le monde a joué un rôle. 
 
Quel est le nôtre, chaque partie de l’évolution a eu un.  Sommes-nous conçus pour jouer un rôle et si oui lequel ? Sommes-nous utilisés, par ou pour quelque chose et si oui par qui ou pour quoi faire ?
 
Regardons ce que nous sommes en train de faire, vers où notre Humanité est en train de tendre ? On ne sait pas trop, mais vraisemblablement vers la mise en place et développement des machines dans tous les domaines, des machines de plus en plus performantes, la mécatronique, la robotique, le calcul sont en train de se développer d’une façon très rapide et structurée. Si rapide et si structurée que depuis quelques années nous commençons déjà à parler d’intelligence artificielle. Notre Humanité pilotée ou pas est en train de tendre vers le développement de l’intelligence artificielle comme une alternative essentielle à notre développement.
 
L’intelligence artificielle, vaste sujet dont nous ne mesurons pas les conséquences (positives et/ou négatives) que son développement pourrait avoir. Mais peut être que l’on s’en fou de ces conséquences, car l’objectif de l’Homo Sapiens, notre rôle est, peut-être, tout simplement et seulement celui de mettre en place l’intelligence artificielle. Nous Homo Sapiens, sommes en train de rendre intelligentes nos machines… 
 
Les robots que nous construirons d’ici quelques dizaines ou quelques centaines d’années seront si performants et si autonomes que la question d’intelligence artificielle consciente pourrait se poser…
 
Dans une même logique, je me dis depuis un moment, quelqu’un ou quelque chose nous a peut-être créés pour s’aider à s’auto connaître … faisons nous partie d’une sorte d’intelligence artificielle pilotée par quelqu’un ou par quelque chose ?
 
Une sorte d’intelligence artificielle qui devient consciente et qu’à son tour se développe …
 
Chacun ou chaque chose à son niveau de conscience procède de la même façon … Qui pilote toutes ces arborescences fractales des savoirs et/ou des connaissances ? Comment les maitriser … Serait cela notre Graal, notre parole perdue ? … Serait cela ce que nous cherchons ? Que cherchons nous ? Pourquoi cherchons-nous ? …
 
Cette tâche, notre tâche, initiée par le Big Bang, initiée par cette matière hyper condensée qui a pris plus de dix milliards d’années avec beaucoup des concours de circonstances, commence à aboutir, commence à toucher à sa fin. Elle va peut-être aussi marquer notre fin, marquer la fin de l’Homo Sapiens. Les différentes parties de nos corps deviendront de prothèses, et nous deviendrons une sorte des robots très performants, nous deviendrons des morceaux de plastique et de métal éternels mais avec une conscience...
 
Peut-être que notre objectif est seulement de doter de conscience la matière, la même matière du Big Bang car la matière comme l’énergie ne se créée ni se détruit seulement se transforme… Après cela la vie ne sera plus nécessaire nous aurons rempli notre rôle et notre fonction : rendre la conscience à la matière car contrairement à nous la matière est éternelle… Ceci étant dit nous sommes aussi matière, nous sommes donc aussi éternels, mais nous ne maitrisons pas nos transformations …
 
L’intelligence artificielle dans son étape ultime rendra peut-être la conscience à la matière ; rendra peut-être la conscience à l’énergie, à cette matière et à cette énergie du Big Bang, la boucle serait bouclée et le Cercle de la Connaissance transitoirement fermé …
 
 
J J MARTINEZ VEGA
3 décembre 2019
Samatan, France

Grâce à notre expérience, notre sérieux et notre approche orientée résultat, nous avons eu la chance de travailler avec de nombreux clients d'exception.

 

 Café-Philo du 04 02 2020 avec Mr Derras sur " L'Autre , un outil pour mon Emancipation ?

Café-Philo du 04 02 2020

L’autre et mon émancipation 

S’INTERROGER SUR LE SENS DE NOS LIBERTÉS 
Qu’est-ce que l’émancipation ? 

  • L’émancipation est une notion « floue » qui est définie par des actions, des ambitions et/ou un ensemble de processus 

Elle s’exerce face à une tutelle qui impose des limites (contrôle, joug, influence)
 L’émancipation dans nos sociétés « modernes » ? • Deux modèles de sociétés « modernes » porteuses d’émancipation :  Accumulatrice (Libérale) 
                                Collectiviste (Marxiste)
• Fondamentalement des organisations « matérialistes » censées conduire méthodiquement à « une » richesse libératrice ... émancipatrice • Les sociétés sont normalement « fondées » sur l’échange de biens, la division du travail, l’individu : Rappel - Société « primitive » : société dans laquelle domine la communauté, l’autoproduction, la polyvalence des personnes, la « solidarité » et « le collectif » (Émile Durkheim) 
L’émancipation
« matérialiste » est-elle efficiente / opérative ? 

• 

Nous construisons individuellement une émancipation qui nous libère et qui nous emprisonne à nouveau ... mais différemment ! 

§ Le numérique ouvre des espaces de libertés tout en favorisant des comportements extrêmes/dangereux 

§ Nous consommons des ressources confortablement et cela détruit la planète

Ces modèles sociétaux organisent un cadre moral, sociétal, culturel et économique individualiste et non inclusif ! 

§ Moins de solidarité (urbain/rural, jeunes/vieux, chômeurs/salariés, riches/pauvres, ...) 

t Comment (re)formuler l’émancipation ? 

Jean Baudrillard (philosophe français, 1929-2007) 

§ « Pour construire une véritable acceptation de la liberté il nous faut accepter que l’émancipation s’accompagne de la nécessité de respecter une forme de justice opérant pour et par les autres » 

Amartya Sen (philosophe-économiste indien, 1933) 

§ « Il est illusoire de rechercher une norme de justice universelle pour tous les humains dans toutes les situations et dans toutes les sociétés. Ce n’est que dans le rapport à autrui, dans la considération de situations concrètes, infiniment diverses, issues de notre diversité que cette justice est possible » 

Elle n’a de SENS « véritable » que dans le respect profond de l’altérité 

Comment (re)trouver un autre « sens » ? 

  • Définir un autre équilibre entre autonomie individuelle et autonomie collective (Cornelius Castoriadis, philosophe grecques, 1922-1997) 
  • Reconstruire notre participation à l’exercice d’une collectivité sociale (Pierre Rosanvallon, historien-sociologue français, 1948) 
  • Refonder « du » sens dans un idéal d’émancipation avec les autres (Déborah Cohen, historienne) :
  •  
  • Accepter de perdre en autonomie individuelle pour nourrir des rêves de liberté ensemble ! 
     Proposer une émancipation collective en Une autre émancipation ... avec les autres ! 
     • Cette émancipationà pour objectif de:§  Poser une finalité différente de celle proposée depuis 3 siècles §  (Re)constituer notre humanité qui se caractérise en partie par l’altérité ! §  S’écarter de l’autonomie individuelle
    « matérialiste » pour une vision égalitaire (réciprocitaire) Emanciper nos formes de réflexion pour (re)donner à notre commune humanité l’absolue priorité ? 
    En décembre 1784, Emmanuel Kant lance sont fameux « sapere aude », « ose savoir » (emprunté au poète latin Horace), dans la célèbre définition toujours citée de l’esprit des Lumières :
    « Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son propre entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir [...]. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières ».
     
    Quelle émancipation voulons-nous ?

Conférence-Débat à l'ATEUL le 11 02 2020

avec M. DERRAS

 

L’Altérité, meilleure amie ou pire ennemie de notre Humanité ?
 
 
 
Qu’est ce que l’Altérité ?

Grec «allos» (un autre), latin «alter» : caractère de ce qui est autre

Platon distingue «même» de «autre» qui identifie l’étranger

L’acception actuelle apparait au XXème siècle :

Signifie acceptation de l’autre dans sa différence et reconnaissance de ses droits à être lui/elle

Différence s’entend ethnique, sexuelle, sociale, culturelle, religieuse, …

André Lalande (philosophe, 1867-1963) donne une définition logique
«Une relation symétrique et intransitive»
(sans liaison entre individu)
 
L’Altérité mène à l’Identité …

Cheminons

Notre échange crée l'altérité. Elle est parmi nous du fait de notre présence plurielle ensemble dans ce lieu

Si nous nous présentons les uns aux autres, nous décrivons ce qui nous distingue, ce que les autres ne sont pas vis-à-vis de nous

Notre présence groupée instaure une série d'altérités, car nous avons chacun des compétences, des manières de penser ou des caractéristiques qui font de nous des individus

L'individu représente donc l'altérité suprême, puisque par essence il est exactement ce que ne sont pas tous les autres

Paradoxe : l'altérité est ce qui nous sépare mais aussi ce qui nous rapproche, elle est à la convergence de deux matérialités qui nous identifient
 
«Une relation symétrique et intransitive»
(sans liaison entre individu)
 
L’Altérité mène à l’Identité …

Cheminons

Notre échange crée l'altérité. Elle est parmi nous du fait de notre présence plurielle ensemble dans ce lieu

Si nous nous présentons les uns aux autres, nous décrivons ce qui nous distingue, ce que les autres ne sont pas vis-à-vis de nous

Notre présence groupée instaure une série d'altérités, car nous avons chacun des compétences, des manières de penser ou des caractéristiques qui font de nous des individus

L'individu représente donc l'altérité suprême, puisque par essence il est exactement ce que ne sont pas tous les autres

Paradoxe : l'altérité est ce qui nous sépare mais aussi ce qui nous rapproche, elle est à la convergence de deux matérialités qui nous identifient
 
qui nous renvoie à la pensée …

Paul Ricoeur (philosophe, 1913-2005) distingue

L'identitéidem, au sens de persistance à l'identique à travers le temps

L'identitéipse, conscience d'exister et affirmation de soi

L’ipsese nourrit de substances hexogène comme la culture, l’ethnie, la religion … donc d'altéritéspuisque ces «attributs» de l’identité n'existent que par différence ou relation aux autres

L'identité est tout à la fois vide et nécessaire

Elle correspond à un envers, un relief en creux par rapport à l'altérité

L’altérité produit alors l'existence et le savoir

Ces derniers rendent possible la différence et la réflexion

Ce qui pose l’origine de tout ce qu'on appelle la pensée
 
qui a son tour contribue à construire l’altérité !

La pensée construite par et pourl’altérité

«Former, inventer et fabriquer des concepts», (Gilles Deleuze philosophe, 1925-1995)

La pensée est un réceptacle à l'origine du concept d'altérité (Présocratiques dont Aristote)

Pour penser, il faut impérativement dialoguer et interroger (première et fondamentale des altérités)

Penser, c'est s'exposer à ce qui n'est pas soi, c'est ouvrir l'identité

Donc la pensée nous constitue, au sens strict, vis-à-vis des autres

Elle permet d’établir que l'altérité n'est pas un repère fixe, ni un état et elle fluctue

Elle donne les outils pour établir que la civilisation consiste dans une coexistence riche de cultures et de diversité (Claude Lévi-Strauss, philosophe-antropologue, 1908-2009))
«Nous ne sommes nous qu'aux yeux des autres", (Jean Paul Sartre, écrivain 1905-
 
Une lutte sans fin entre des alter et des egos …

En résumé :

La perception de la différence dépend de la conscience de l'identité

L'identité est ce qui résiste aux différences

La peur des différences nous rend aveugle à l'universel

Ce qui amène à croire que les identités sont indépassables

Nous sommes «des classeurs classés par nos classements», (Pierre Bourdieu, sociologue 1930-2002)

« Face a autrui qui me possède en me voyant comme je ne me verrai jamais, je suis projet de récupération de mon être. » (Emmanuel Levinas, philosophe 1906-1995)
 
Nos sociétés sont fondamentalement normalisatrices et rejettent les différences … par facilité et par construction pour de nombreuses raisons

Efficacité

Rentabilité

Productivité

Modalités de contrôles de tous types

L'émancipationest penséequi tire sa puissance de l'altéritédans un mouvement perpétuelentre «changement» et «permanence» qui s’opposent à l’aliénation
 
L’émancipation  est une notion «floue» qui s’appuie sur des :

Actions: s’affranchir, se libérer, se rendre indépendant, s’autonomiser … vis-à-vis de … !

Ambitions: se réaliser, s’accomplir, se projeter vers ….

Processus: cheminement, démarche , évolution … vers un exercice libre de sa volonté

Elle s’exerce face à une tutelle (contrôle, joug, influence) qui imposent des limites :

Historiques: la religion, les pouvoirs (despotisme), les puissants (arbitraires), la politique …

Matérielles: de droit, de santé, d’éducation, de richesse …

Sociétales: liées au travail, à l’information, à la culture …
 
 
 L’émancipation dans nos sociétés «modernes» ?

Deux modèles de sociétés «modernes» porteuses d’émancipation :

Accumulatrice (Libérale)opulence et généralisation de la propriété privée

Collectiviste (Marxiste)travail et suppression de la propriété privée

Fondamentalement des organisations «matérialistes» censées conduire méthodiquementà «une» richesse libératrice … émancipatrice
«On ne saurait sortir de l’état de minorité sans sortir de la rareté» (Alain Caillé, sociologue1944)

Des sociétés «fondées» sur l’échange de biens, la division du travail, l’individu

Rappel -Société «primitive» : société dans laquelle dominent la communauté, l’autoproduction, la polyvalence des personnes, la «solidarité » et «le collectif» (Émile Durkheim, sociologue 1858-1917)
Individualisme pour satisfaire quel besoin ?

L'individualisme s’est imposé comme une conquête

Contre les sociétés aristocratiques ou hiérarchiques

Contre une subordination sociale fixant une place selon la naissance

Contre un héritage organisationnel normatif sans concertation

Contre la servilité et la dépendance favorables au pharisaïsme (obéissance aveugles aux règles)

Contre un ordre moral imposant une «conduite juste» sans moralité vraie !

«Le meilleur des mondes», individualisme et morale font cause commune

Règne «théorique» politique des libertés

Eminente transcription avec la Charte des droits de l’homme

Affirmation d’une morale autonome et d’une humanité qui prend en main son destin

Garantit par l’état à chacun de la jouissance de la liberté sous le règne de la raison
 
 
Un «assujétissement» matérialiste et économique (conscient/inconscient)

De moins en moins d’attrait pour l’éducation

Immédiateté qui prime au détriment de tout autre chose

Consumérisme maladif (irrationnel, impulsif, conformiste, …)
«L'émancipation des relations de marché mène au développement inexorable d'un système autoréférentiel qui sape les conditions mêmes de la subjectivité» (Jean Baudrillard, philosophe 1929-2007)

Des libertés individuelles dans un cadre moral «élastique» (acceptable/inacceptable)

Refus des soins modernes par certains mouvements religieux

Refus de bannissement des systèmes de castes en Inde à l’ère des libertés individuelles

Refus de l’homosexualité dans des états puritains

Refus du voile musulman en occident

Refus de la «fin de vie digne» pour des raisons religieuses
«Il persiste toujours une part de traditions qui restreint les esprits et les références communes (sens du corps, du couple, de la souffrance, de la mort, du respect des lois, du dévouement à la chose publique)» (Jean-Pierre Le Goff, Sociologue 1949)
 
L’émancipation «matérialiste» est-elle efficiente / opérative ?

Nous construisons individuellementune émancipation qui nous libère et qui nous emprisonne à nouveau …

Nous consommons des ressources confortablement et cela détruit la planète

Nous libérons des peuples des dictatures pour les livrer à des barbares plus dangereux

Nous produisons des lois pour nous protéger qui finissent par être liberticides

Nous livrons à l’humanité des outils qui les réduisent en esclavage

Ces modèles sociétaux sont bien moins inclusifs et/ou solidaires (urbain/rural, jeunes/vieux, chômeurs/salariés, riches/pauvres, …)
 
Quel idéal d’émancipation proposer ?

L’émancipation «rhétorique» de nos modèles de sociétés :

S’abstrait de tout (isolationnisme)

Elimine les interactions entre individus (individualisme)

Conduit à des sociétés moins humaines (techno centrisme)

L’émancipation «réelle» est un principe plus complexe :

Avec des degrés d’autonomies variables(relativisme)

Elaborée de manière progressive (constructiviste)

Intégrant les autres humains(humaniste)
La finalité de nos modèles civilisationnels s’écarte continuellement des autonomies COLLECTIVES!
 
Quelle base de formulation de l’émancipation utiliser ?

Jean Baudrillard (philosophe français, 1929-2007)

«Pour construire une véritable acceptation de la liberté il nous faut accepter que l’émancipation s’accompagne de la nécessité de respecter une forme de justice opérant pour et par les autres»

Amartya Sen (philosophe-économiste indien, 1933)

«Il est illusoire de rechercher une norme de justice universelle pour tous les humainsdans toutes les situations et dans toutes les sociétés. Ce n’est que dans le rapport à autrui, dans la considération de situations concrètes, infiniment diverses, issues de notre diversité que cette justice est possible»

L’émancipation :

Subit des influences multiples

Dépends de mécanismes complexes

Evolue au gré des époques, des cultures, des lieux et des conditions de vie
Elle n’a de SENS«véritable» que dans le respect profond de l’altérité
•https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Baudrillard
,
http://www.editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=2636
•https://
 
Comment (re)trouver un autre «sens» ?

Questionner les éléments du socle de notre société actuelle comme … le travail, l’éducation, la propriété privée, la citoyenneté, la prise en charge des ainés, la culture, pour …

… établir un autre équilibre entre autonomie individuelleet autonomie collective(Cornelius Castoriadis, philosophe grecques, 1922-1997)

… construire notre participation à l’exercice d’une collectivité sociale(Pierre Rosanvallon, historien-sociologue français, 1948)

Refonder «du» sens dans un idéal «paradoxal» d’émancipation avec les autres:

Accepter de perdre en autonomie individuelle pour nourrir des rêves de libertéensemble !

Proposer une émancipation collective en sachant que cela demeurera inaccessible !
Faire naitre un «espoir que le collectif acquière une conscience et une capacité à définir la liberté », mais engendrer «l’angoisse de ne pas y parvenir car cela implique la confiance de l’autre !» (Déborah Cohen, historienne)
•https://blogs.mediapart.fr/pierre-khalfa/blog/121217/cornelius-castoriadis-penseur-de-lemancipation
•https://www.lemonde.fr/livres/article/2018/08/30/pierre-rosanvallon-une-societe-d-egalite-est-celle-dans-laquelle-on-a-la-possibilite-de-vivre-des-libertes-ensemble_5347832_3260.html
•https://criminocorpus.hypotheses.org/91893
 
Une autre émancipation … avec les autres !

Cette émancipation à pour objectif de :

Poser une finalité différente de celle proposée depuis 3 siècles

(Re)constituer notre humanité qui se caractérise en partie par l’altérité!

S’écarter de l’autonomie individuelle «matérialiste» pour une vision égalitaire (réciprocitaire)
Emanciper nos formes de réflexion pour (re)donner à notre commune humanité l’absolue priorité ?
 
Finalement …

«De quoi s’émancipe-t-on?»

Peut être des tendances à la sédentarisation des croyances primaires car s’émanciper, c’est réussir àproduire du jeu(des degrés de liberté) dans son système de croyances

«Peut-on forcer quelqu’un à s’émanciper, ou bien s’émancipe-t-on par soi-même?»

Eventuellement ni l’un ni l’autre car l’émancipation est relationnelle et collective

Elle ne peut se faire qu’entreindividus ayant besoin les uns des autres pour s’émanciper
«L’idée d’émancipation unilatérale est analytiquement contradictoire» (Jacques Rancière, philosophe 1940)
 
Conclusion

En décembre 1784, Emmanuel Kant lance sont fameux «sapereaude», « ose savoir » (emprunté au poète latin Horace), dans la célèbre définition toujours citée de l’esprit des Lumières :
«Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelledont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son propre entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir[…]. Sapereaude! Aie le courage de te servir de ton propre entendement! Voilà la devise des Lumières».
Quelle émancipation voulons-nous?

E. Kant, Réponse à la question qu’est-ce que les Lumières ? [1784], in OEuvresphilosophiques, t. II, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1985, p. 210.
 
Echangeons
L’Altérité, meilleure amie ou pire ennemie de notre Humanité ?
L’Altérité est-elle un concept, une valeur, un principe?
Qu’est ce qui est autre (alter) que nous (ego) ?
L'altérité se différencie elle de la tolérance ?
La différence est elles une valeur en soi ?
 
Quelques citations …

Cornelius Castoriadis : «Chacun de nous a son temps et son espace propre, mais rencontre des difficultés d'avoir un espace social commun, et trouve plus difficile encore d'avoir un temps commun»

Etienne de La Boétie: «Comment comprendre notre désir de servitude et s’en scandaliser tout en affirmant l’idée d’un désir naturel de la liberté ?»

Nous devenons par ce biais nos propres bourreaux et oppresseurs par les choix que nous réalisons au quotidien pour entraver notre autonomie et ainsi intégrer une société plus large, capable de s’adapter aux autres, de leur octroyer leur espace d’émancipation, tout en étant capable de nourrir notre propre soif d’émancipation!

Condorcet : «L’ignorant ne fait pas de différence entre l’illusion et la réalité, entre la croyance et la certitude. Il reste prisonnier ou dépendant soit de ceux qui peuvent parce qu’ils savent, soit de ceux qui imposent parce qu’ils trompent et soumettent».

Condorcet avait compris que l’émancipation des humains passe par un projet collectif qui inclus tous les autreset que ce projet n’a de chance de réussite qu’au prix d’une élévation continu des savoirs et connaissances
https://quotepark.com/fr/auteurs/cornelius-castoriadis/
Étienne de La Boétie,Discours de la servitude volontaire, éditions mille et une nuits, http://www.philo5.com/Textes-references/LaBoetie_ServitudeVolontaire_1549.htm
Nicolas de Condorcet, http://classiques.uqac.ca/classiques/condorcet/cinq_memoires_instruction/cinq_memoires.html
 
Horace

Carpe diem... Cueille le jour... Tandis que nous parlons, le temps jaloux aura fui; cueille le jour, sans te fier le moins du monde au lendemain

Mêle à la sagesse un grain de folie ; il est bon quelquefois d'oublier la sagesse

Courir au-delà des mers, c'est changer de ciel et non pas d'humeur. Stérile agitation que la nôtre ! Sur les flots, sur les grands chemins, nous poursuivons le bonheur. Mais il est ici le bonheur